Sans eux la qualité de l’accueil au Port du Havre ne serait pas la même. Travailleurs de l’ombre, les marins du dragage entretiennent en continu les fonds marins, permettant à tout navire – y compris les plus grandes unités (qui sont souvent plus longues que la Tour Effel n’est haute) – d’escaler au Port du Havre 24h/24, tout au long de l’année, dans les meilleures conditions de sécurité.
L’action des marées et la pluviométrie redessinent en permanence les fonds marins du Port du Havre. Chaque année des tonnes de sédiments composés de vase ou de silice s’accumulent et diminuent ainsi le tirant d’eau nécessaire à la circulation des navires. D’où la nécessité d’entretenir au quotidien les accès maritimes (chenaux, bassins…) avec, à la clé, quelque 3 millions de m3 de matériaux dragués chaque année. Le mode d’exploitation utilisé pour les dragages au Port du Havre s’inscrit dans le respect de l’environnement, conformément aux règlementations nationales et internationales en vigueur. Le protocole de suivi des immersions porte sur la qualité des eaux et des sédiments ainsi que sur les peuplements marins sur site.
Pour assurer l’entretien des accès maritimes, l’Autorité Portuaire met en service la « Gambe d’Amfard », un puissant navire de 60 mètres de long, spécialement dédié à la récupération des sédiments. « La drague fonctionne 7 jours sur 7 avec un rythme de 12 heures par jour » précise Didier, Chef Mécanicien à bord du navire : « deux équipes de 7 personnes se relaient toutes les semaines. Chaque équipage se divise en deux activités distinctes : la gestion du pont et celle des machines. Il s’agit d’une drague polyvalente qui offre deux possibilités de dragage : soit les sédiments sont retirés par une grue située sur le pont dont la benne offre une capacité de 20 tonnes, soit on utilise l’élinde, un tuyau qu’on immerge pour aspirer la vase ».
Sur un navire doté de moteurs d’une puissance totale dépassant 5 000 KW, de systèmes hydrauliques, pneumatiques, informatiques et automatisés, Chef Mécanicien est un poste crucial. Il surveille et coordonne la mise en œuvre des activités mécaniques tout en garantissant la sécurité à bord : de la propulsion du navire au fonctionnement des systèmes de dragage. « Imaginez la drague comme un ensemble de mouvements mécaniques qu’il faut convertir et transformer. L’énergie part des moteurs pour ensuite irriguer tous les systèmes nécessaires à son fonctionnement : radars, hélices, grue, matériel informatique… » sans compter que les techniques de dragage ont profondément évolué ces dernières années, notamment avec l’apport de l’informatique qui a rendu ces dispositifs plus précis et plus sûrs. « Je viens à la base d’une école des mécaniciens de « la royale », la Marine Nationale. Puis au fil de mes expériences professionnelles, j’ai passé un brevet de Chef Mécanicien à l’Ecole Nationale de la Marine Marchande » explique Didier.
Sur le pont supérieur de la « Gambe d’Amfard » se tient Ronan, second capitaine à bord. Il a également suivi un cursus à l’ENMM afin d’obtenir à la clé un diplôme supérieur de la Marine Marchande. Ce métier consiste à gérer la navigation avec le capitaine ainsi que les manœuvres du navire pendant les opérations de dragage. Le second capitaine prend en charge les dispositifs de sécurité, la pharmacie à bord, la documentation nautique et la bonne marche de la drague. Des responsabilités qui demandent aussi une capacité à gérer son sang-froid. « C’est une gestion de tous les instants. On navigue dans des eaux délicates avec un trafic maritime dense » ajoute Ronan. « Les opérations de dragage ne sont pas faites au hasard. On travaille à partir de plans hydrographiques très détaillés pour le dragage et des instruments très précis pour la navigation, tels que le radar et des cartes électroniques. On peut ainsi retirer les sédiments avec une grande précision, à 50 cm près. « L’une des qualités humaines requises ? « Sans doute l’esprit d’équipe. Il faut savoir vivre et travailler ensemble dans un espace réduit et aller au-delà de ses propres attributions pour mener à bien les missions ».
Sources : multiples sources internet, ouvrages spécialises, témoignages (Pratic-Export, fiches Pôle-emploi, Wikipédia, Onisep, CNRTL, Umep à la Page…)
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